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 Non à l'escalade.

 

    indiscipline a_lecole«  violence aggravées, parfois en bande », « violence sur censeur », « coups et blessures », «  port et usage de stupéfiants », « état d’ivresse permanente », «  trafic d’objets divers » « bagarre en tenu sur la voie publique avec embarras de la route nationale n°1 ».les douze jeunes exclus du lycées scientifique de Bertoua, il y a deux semaines, indiquent de la cote d’alerte de l’indiscipline est atteinte dans certains établissements scolaires au pays. A côté de leurs faits d’arme, chahuts, retards, absentéisme et autres perturbations dont sont régulièrement coupables leurs congénères relèvent quasiment de l’ordinaire. C’est clair : l’indiscipline a incontestablement augmenté dans les écoles, notamment dans le secondaire. « Mais l’essentiel est moins dans la fluctuation quantitative du phénomène que dans les modifications qualitatives qui en affectent le sens, la forme et la portée. Quand nous étions écoliers, le maître était une autorité incontestée et notre conscience. Seulement à l’idée de le croiser, nous nous assurions que nous étions comme il faut. D’ailleurs mon tout premier enseignant, maitre Metomo, est pour ainsi dire resté célèbre dans ma contrée », confie Jean-Marie Ndjomo M., inspecteur pédagogique retraité.

    L’indiscipline contemporaine est un phénomène beaucoup plus large, plus diffus, touchant la quasi-totalité des établissements scolaires. Certes, selon des formes variées et des intensités différenciées. La palme d’or revient cependant aux établissements publics, les plus exposés au phénomène. Certains établissements de la ville de Yaoundé- nous ne les citerons pas- sont d’ailleurs formellement reconnus pour les dérivés de leurs élèves. Alcoolisme, tabagisme, drogues dures, proxénétisme, insultes, intimidations, agressions verbales et physiques, incivilités de toutes sortes… les élèves ne laissent plus leurs addictions aux portes de l’école, ni même aux vestiaires. Pour les observateurs avertis, le coupable est tout trouvé : l’environnement social général dégradé.

    «  En ville comme en campagne, les bars sont voisins des établissements scolaires, malgré la réglementation en vigueur. Les adultes même se rendent complices des travers des élèves.que doit-on attendre quand un adulte, propriétaire d’une salle de jeux à Ngoa-Ekelle, accueille des élèves aux heures de cours et les invite à se mettre en civil pour circonvenir les forces de l’ordre qui viendraient  à passer ? Et que dire du copinage entre enseignante et élèves : ils se partagent des bières, voire les élèves filles ? », Fustige un observateur. Dans ses récriminations, le manque de collaboration entre parents et enseignants est également indexé. « Au lieu de faire profil bas, les parents d’élèves pris en faute viennent régulièrement menacer les enseignants. ce qui conforte leurs progénitures dans la négativité », continue-t-il.

    Les attitudes scolaires et les normes comportementales ne font donc plus l’objet d’un consensus de nos jours. Comme quoi, l’exigible est devenu flou, même à l’école. « a mon époque, l’année scolaire commençait toujours par une semaine d’imprégnation du règlement intérieur. Ce moment inaugural, au cours du quel les règles étaient établies une fois pour toutes, n’est plus systématique dans les établissements de nos jours », affirme Pierre E. M, enseignant. Quant bien même, il n’en demeure pas moins qu’il faille, dans certaines écoles, régulièrement redéfinir les règles de jeu, renégocier les limites de l’acceptable et redire les exigences de travail.

 

Source: Cameroun Tribune du 25 janvier 2012

 

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