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Institut des Techniques et Sciences de l'Enseignement

 

C'est le tout premier établissement à produire des livres en informatique au Cameroun,et l'un des rares à offrir des cours assistés par ordinateur. Interview du principal, Djiadeu, Djiadeu Christophe, auparavant inspecteur pédagogique chargé du français.

 

 

Aulycee : Quelle est l’idée de départ de votre projet éducatif ? Avant de nous en parler présentez-nous votre parcours professionnel.

 

Djiadeu Djiadeu Christophe : Je suis enseignant de formation avec 32 ans d’expérience professionnelle.J’ai été tour à tour, enseignant de français dans les lycées et collèges du Cameroun. J’ai été pendant 13 ans inspecteur pédagogique régional chargé du français dans le Centre, l’Est, le Sud.

 

A la demande du fondateur de cet établissement, j’ai été sollicité pour venir mettre en place un plan de restructuration du collège ITSE. Je suis en poste depuis 3 ans et dès mon arrivée, j’ai mis des priorités sur deux domaines spécifiques. Le premier domaine étant la discipline qui est le gage du succès de nos élèves.

 

Le deuxième domaine est le renforcement des activités pédagogiques liées au travail des enseignants dans les salles de classe. Il y a une autre priorité que je me suis donné : c’est de tout mettre en œuvre pour engager les parents au suivi des élèves qu’ils nous confient. A ce titre, le projet d’établissement que j’ai mis sur pied porte sur 3 aspects spécifiques. L’ITSE fonctionne comme une structure d’enseignement et d’éducation normale qui prépare aux examens officiels.

 

Le collège fonctionne aussi comme un centre de formation des élèves à réussir les concours dans les grandes écoles de la place, qu’elles soient publiques ou privées : l’Université des Montagnes, l’Université Catholique, l’Ecole Supérieure Polytechnique, l’Institut des Relations Internationales du Cameroun. Par ailleurs, nous avons engagé un partenariat avec les universités étrangères spécialement au Canada, l’Université de Montréal et le CEGEP des 7îles au Québec.

 

Voilà ce que nous comptons concrétiser pour l’ITSE à l’horizon 2016 par la grâce de Dieu. En 2012 on a négocié le partenariat avec le CEGEP des 7 îles mais pour des problèmes de délais, le projet n’a pas abouti et a été reporté à 2014. Nous sommes entrain de négocier un partenariat avec l’institut Conficius, une structure de l’IRIC, pour la formation à la langue chinoise, le chinois étant une langue en émergence.

 

Aulycee : Quelle est la particularité de votre établissement ? Qu’est ce qui fait qu’un parent viendrait chez vous inscrire son enfant ?

 

Djiadeu Djiadeu Christophe : D’abord l’ITSE est un cadre à la fois agréable et sécurisé. Un élève qui entre ici tous les matins n’en ressort qu’à la fin des cours, sauf autorisation de sortie spécialement délivré par le surveillant général. L’enfant qui arrive à l’ITSE est sous contrôle disciplinaire stricte.

 

On rencontre partout ailleurs la flânerie. Le fait que les élèves déambulent dehors lors des heures de cours ou traînent dans la cours.

La deuxième spécificité est que nous ne prenons pas plus de 40 élèves par classe. Cet effectif pédagogique est pour permettre aux enseignants un suivi pratiquement individualisé et de résoudre les difficultés des élèves. Notre ratio est de 250 élèves pour 43 enseignants toutes disciplines confondues.

 

L’ITSE est l’un des rares établissements dans Yaoundé à faire des Cours Assistés par Ordinateur (CAO) en salle de simulation, 90% des cours se déroulent dans cet espace. A ce titre, il faut rappeler que l’ITSEest le premier établissement au Cameroun à avoir introduit l’informatique à l’école.

 

Il a produit dans les années 2006 les premiers livres en informatique et inscrits au programmepar le Ministère des Enseignements Secondaires. La concurrence est venue après. Chaque enseignant a pour obligation de faire en moyenne 4 séances par trimestre en salle de simulation. Tous les élèves de l’enseignement technique disposent d’un ordinateur pour 4 élèves en CAO.

 

Aulycee : Comment l’ITSE se positionne dans la méthodologie de préparation aux examens ?

 

Djiadeu Djiadeu Christophe : Nous avons mis au point depuis trois ans des cours de renforcement pour les élèves en difficultés. Une semaine à Noël et une semaine à Pâques. Ce projet ne nous a pas rendu entière satisfaction Nous avons depuis 2012 institué une séance dite de préparation aux examens officiels. Elle couvre tout le mois de mai, du 1er au 31. A cette occasion, nous faisons appel à des inspecteurs pédagogiques régionaux pour les disciplines de base de chaque filière et pour chaque examen.

 

Par exemple pour le BEPC, en relation avec les animateurs pédagogiques et les professeurs chevronnés de la maison, sous la supervision des inspecteurs pédagogiques, on prend en charge les enfants avec des Travaux dirigés portant sur des épreuves d’examens. Ce ne sont plus les cours, les programmes étant achevés. La contribution des inspecteurs pédagogiques est de rappeler aux élèves ce que l’on attend d’eux à l’examen dans une discipline donné.

 

Par exemple en mathématiques, ils expliquent les résultats attendus de l’élève face à cette épreuve en termes de rédaction des réponses. On leur explique le barème de notation et ce qui est pris en compte dans les copies. On leur explique les textes réglementaires définis pour chaque épreuve d’examen. Ensuite, on passe à l’application c'est-à-dire qu’on prend l’épreuve de mathématiques d’une session donnée, on la travaille dans l’esprit des textes réglementaires d’examen.

 

La troisième phase consiste à leur donner un exercice d’application. Ils doivent composer dans les normes d’examen. On corrige et on procède à des remédiassions en fonction des lacunes observées.A la suite de cette mise en place des capacités exigés à l’examen, les lèves sont soumis à 3 travaux de plus sur des sujets d’examens. De manière générale, un élève qui se prépare aux BEPC reçoit par discipline fondamentale 6 séances de Travaux dirigés de 2 heures chacune.

 

Nous estimons qu’au terme de cette préparation intensive aux examens, l’élève a beaucoup plus de chance de savoir ce qu’on apprend véritablement dans une discipline. Cette session de préparation se termine par ce que nous appelons les examens roses de Yaoundé VI. Nous invitons les élèves volontaires des autres établissements environnants, lycées et collèges, à venir se tester de manière concrète dans les conditions d’examen, sur les feuilles de composition comme à l’examen. Au terme d’une semaine d’examen, les copies sont anonymes, corrigées et les résultats publiés. Cette stratégie doit être améliorée car elle nous a rendu d’assez bonnes satisfactions.

 

logo ITSE

 

Aulycee : Quelles sont vos réalisations sur le plan sportif ?

 

Djiadeu Djiadeu Christophe : Quand je suis arrivé à l’ITSE, l’établissement n’était pas affilié à la participation aux jeux FENASCO. Cette année, j’ai affilié l’ITSE en espérant que nous ayons de bons résultats.

 

Aulycee : Quelles sont vos innovations cette année et

en quoi peut-on parler d'une évolution ?

 

Djiadeu Djiadeu Christophe : L’innovation à la rentrée 2013-2014est un meilleur suivi desperformances des enseignants, assuré par des visites régulières de classes, des observations des leçons faites soit par le préfet des études, soit par le principal lui-même. Il vient s’asseoir dans une classe, il observe une leçon etdiscute de la démarche adoptée par l’enseignant.

 

Ensemble, ils proposent desremédiassions selon les lacunes observées. Dans la limite de nos moyens financiers,on fait appel à un inspecteur pédagogique. C’est une approche qui n’existait pas avantpour la simple raison que les inspecteurs pédagogiques régionaux n’ont pratiquement pasde moyens mis à leur disposition par l’Etat pour faire ce travail qui est le leur.

 

Les moyens financiers sont insuffisants pour qu’ils parcourent tous les établissements placés sous leur responsabilité. Autant que faire ce peut, nous avons reçu depuis la rentrée une douzaine d’inspecteurs spécialement dans les filières de l’enseignement technique. La raison est que ces programmes sont entrain de se mettre en place et nous voulons nous assuré que nos enseignants sont à la page. C’est aussi le cas dans le 1er cycle de l’enseignement général où on a introduit de nouveaux programmes.

 

Aulycee : avez-vous des infrastructures scolaires particulières ?

 

Djiadeu Djiadeu Christophe : Nous souhaitons mettre sur pied une bibliothèque, nous avons déjà la salle et il nous reste les équipements car les livres de la maison sont insuffisants. Nous comptons l’ouvrir dès 2014. Nous avons en projet de mettre sur pied une infirmerie scolaire.

 

Aulycee : quelles sont vos actions pour promouvoir l’excellence académique ?

 

Djiadeu Djiadeu Christophe : Il n’y a pas de concours en tant que tel, mais des primes de bourses d’excellence accordée aux meilleurs à l’entrée. Pour les élèves qui viennent du Cours Moyen 2, on offre une bourse qui varie entre 5000 et 20 000 F Cfa pour les 5 premiers. Ces enfants peuvent conserver leurs bourses s’ils obtiennent une moyenne égale ou supérieure à 13. Dans le cas contraire, ils la perdent forcément. Les enfants de Terminale, les finissants comme on dit, reçoivent une bourse de 20 000 F Cfa en cas de réussite et partent avec pour s’inscrire dans l’enseignement supérieur.

 

Aulycee : Quels sont les derniers évènements en date ?

 

Djiadeu Djiadeu Christophe : En 2011 nous avons eu des journées portes ouvertes. Depuis lors, pour des raisons financières, nous n’avons pas pu organiser une autre édition. L’expérience de 2011 a été extrêmement concluante. Elle a montré un aspect de la vie pratique de l’établissement. Nous avions le club environnement et santé qui préparait avec le concours de LABSAM (Laboratoires des Sciences Alimentaires et Médicales) de l’Université de Yaoundé I, à la fabrication du savon, de l’eau de javel, de différents jus naturels, de yaourts La Bergère.

 

Les visiteurs ont beaucoup apprécié et c’était l’atelier le plus prisé des journées portes ouvertes. Nous avons réalisé une vidéo enregistrée sur Cd à cette occasion. C’était important de mettre l’accent sur l’insertion de l’enfant dans la vie pratique en fonction de la déperdition scolaire. Un enfant qui ne réussi pas à l’école, en attendant de trouver mieux, peut déjà se prendre en charge en fabricant et en vendant ces produits là.

Nous avons eu des cas et beaucoup de parents on demandé qu’on crée un atelier pendant les vacances à la suite des journées portes ouvertes. Ce qui a été fait,  nous avons reçu une trentaine d’enfants dont certains venaient d’Obala.

 

 

Aulycee : sur le plan national ou international quels sont vos partenariats ?

 

Djiadeu Djiadeu Christophe : L’ITSE a un rayonnement non seulement national et international. En fonction des relations qui ont été établies, nous prévoyons participer au séminaire du Projet d’Appui à la Compétitivité des Etablissements d’Enseignement Secondaire des Zones Rurales et Urbaines en Afrique Centrale qui se tiendra à Chicago du 10 au 14 décembre 2013. Nous prenons des dispositions pour y envoyer 2 délégués retenus pour participer aux travaux.

 

Il s’agira de manière globale de la mise en place d’un dossier de partenariat entre CRAAFINT et l’ITSE dans le domaine de l’amélioration de la compétitivité de l’ITSE dans le domaine éducatif. Nous avons été les seuls au Cameroun sélectionnés pour participer à ces rencontres. Le projet a trois zones en Afrique. La zone 1 comporte le Cameroun, la RCA, le Tchad. La zone 2 comprend le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale. La zone 3 rassemble le Burundi, la RDC et le Rwanda. Le Cameroun a été choisi dans la zone 1 en Afrique Centrale pour participer au séminaire.

 

Aulycee : Quels types de collaboration avez-vous avec les autres établissements ?

 

Djiadeu Djiadeu Christophe : Depuis notre arrivée à la tête de cet établissement, nous avons essayé d’engager une sorte de partenariat avec les autres structures de Yaoundé VI. Par exemple la session de préparation aux examens qui se termine par les examens roses de Yaoundé VI, une sorte de simulation des examens officiels. Nous avons adressé des correspondances à tous, mais seul le lycée de Mendong a accepté d’y participer en nous envoyant des élèves.

 

Nous avons décidé d'établir un autre type de relation avec les écoles primaires de l’arrondissement. A partir de Janvier 2012, nous recevons à l’ITSE des enfants du Cours Moyen 2 que nous préparons gratuitement à affronter le concours d’entrée en 6ème. Cette préparation est assistée par ordinateur.

 

En 2012, nous avons reçu 72 enfants formés tous les samedis pendant les congés de Pâques. Ce travail a porté beaucoup de fruits, les parents ont apprécié et nous ont demandé de tout faire pour reconduire cette année.

Ce que nous allons faire. Cette collaboration avec les enfants du Primaire est une solution à un problème récurrent. Des enfants très brillants au Primaire ne réussissent pas toujours au secondaire à cause de plusieurs facteurs. L’enfant du CM2 a une ou deux maîtresses, en 6ème il a 6 ou 7 professeurs minimum. A l’école primaire, on écrit trop au tableau, au secondaire,on apprend à prendre note.

 

C’est pourquoi pour chaque rentrée scolaire de septembre, nous avonsprévu la rentrée des 6ème 2 jours avant celle des autres classes. Pendant ces jours, nous mettonsen place des méthodologies pour assurer la passerelle entre le Primaire et le Secondaire.

 

Aulycee : Comment favorisez vous l’accès de vos élèves dans les grandes écoles ?

 

 

Djiadeu Djiadeu Christophe : Pour les grandes écoles camerounaises, nous les préparons au concours d’entrée. Nous avons un centre pour cela. Pour les écoles étrangères, nous facilitons l’admission. C’est nous qui collectons et déposons les dossiers sur recommandation de ces universités. Pour le CEGEP des 7 îles, on peut y entrer à partir de la classe de 2nde camerounaise suite à la rencontre de partenariat que nous avons eu fin 2011 à l’Hôtel Hilton de Yaoundé.

 

Aulycee : quelles sont vos actions pour encourager la vie des clubs ?

 

Djiadeu Djiadeu Christophe : De manière statutaire, la mise sur pied des clubs est une obligation définie par le décret 80 du Chef de l’Etat. Cela doit être effectif avant la fin du mois d’octobre. Nous avons mis sur pied les plus essentiels : clubs informatiques, club Santé, club Anglais, Club Environnement et Santé et d’autres. Pour les encourager, nous prévoyons dans notre budget des appuis financiers à leur apporter en dehors de la coopérative, pour les accompagner dans la réalisation de leurs activités.

 

Aulycee : Quels sont les pourcentages de réussite en 2013 ?

 

Djiadeu Djiadeu Christophe :

 

Année

Examens officiels

Spécialités

Nombre de candidats

Nombre d’Admis

2013

BEPC

 

36

29

2013

Probatoire ESG

A, B, C, D

39

25

2013

Probatoire ESTC

ACC, CC

19

12

2013

Baccalauréat ESG

A, B, C, D

36

22

2013

Baccalauréat ESTC

ACC, CC

24

17

 

Propos receuillis par Amelie Laure Kemouo

 

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