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« Notre effectif très bas, favorise ce que j’appelle ici l’enseignement « au corps à corps », c'est-à-dire l’enseignement de proximité. Nous essayons de détecter en chaque apprenant son problème, puis on essaie de remédier à ce problème individuel »

 

 Principal Jules Ferry

 

Aulycee.net : Quelle est l’idée de départ à la création de votre établissement ?

 

Emmanuel Ngapouche : Le collège Jules Ferry ouvre ses portes en septembre 2009 avec toutes les classes : le premier cycle de la 6ème en 3ème et le second cycle de la 2nde en Tle. Nous avons un effectif d’environ 50 ou 60 élèves pour l’année 2014, pour un corps de 18 à 20 enseignants.

La fondatrice Mme Edjang, est une ancienne déléguée régionale de l’Education de Base pour le Centre. Mon illustre personne l’assiste en tant que Vice principal depuis la création. Je suis enseignant depuis 26 ou 27 ans pour avoir obtenue une licence en 1987 à l’Université de Yaoundé. En 2012 l’établissement a eu une autorisation d’extension du second cycle qui va de la 2nde en Tle.

A notre cinquième année d’existence, nous avons une 3ème mixte c'est-à-dire Allemand et Espagnole, une seconde scientifique et une seconde littéraire, une Première scientifique et une Première littéraire, une Terminale scientifique et une Terminale littéraire.

 

Je crois que ce qui soutends notre projet éducatif c’est d’abord l’esprit de la fondatrice, une enseignante calée, qui a bien voulu prendre sa retraite dans le métier qu’elle a toujours fait et qu’elle a aimée. Elle a recrutée des enseignants expérimentés pour la plupart. Si on rentre un peu dans l’histoire Jules Ferry c’est le promoteur de l’école privée laïc.

Pour la petite histoire avant, les établissements privés étaient essentiellement confessionnels c'est-à-dire dirigée par les chrétiens catholiques ou protestants.

Jules Ferry a pensé que ces ecclésiastes avaient plus à faire que de se mettre dans l’éducation. Il a pensé qu’il fallait laisser l’enseignement aux religieux et créer quelque chose pour l’éducation. Pour lui, il fallait créer un enseignement purement laïc dirigé par les laïcs. Donc Jules Ferry est le père de l’enseignement privé laïc.

Cette vision a motivé le choix de l’appellation de l’établissement, l’esprit est religieux et nous recevons toutes les obédiences dans notre site. La promotrice est une ancienne de l’église évangélique, mais on pense qu’il faut laisser les choses de Dieu au pasteur et aux prêtres pour se concentrer sur l’éducation des enfants. Depuis la création nous sommes dans notre site à nous.

 

Aulycee : Quelle est la particularité de votre collège ?

 

Emmanuel Ngapouche: Le cadre est accueillant et spacieux. Les salles de classes sont bien grandes dans les normes demandées. On n’a pas un grand effectif, c’est assez rare, il y a plus d’enseignants que d’élèves dans nos salles de classe.

 

Notre spécificité est qu’on a très peu d’élèves pour un corps enseignant bien complet. Un parent préférerait bien envoyer son enfant ici dans une salle de classe de 3ème de 20 que de le retrouver dans une salle de 60 dans un autre collège. Dans les lycées, ils sont 120 par exemple. Ce qui a fait notre publicité depuis notre création ce sont les résultats aux différents examens surtout au BEPC où notre pourcentage a toujours été de 75%. Cette année on est allée jusqu’à 80% au Probatoire.

 

Notre secret c’est l’effectif très bas qui favorise ce que j’appelle ici l’enseignement au corps à corps, c'est-à-dire l’enseignement de proximité. Nous essayons de détecter en chaque apprenant son problème et on essaie de pallier à ce problème individuel. Notre établissement est jeune, nous sommes dans une zone rurale. C’est bizarre, et c’est un malheur ou un bonheur, mais nous n’avons que les rebus des autres établissements.

Les enfants exclus ailleurs pour faiblesses, ou pour des problèmes de disciplines, nous les recrutons ici. Au terme d’une certaine période, les parents nous disent « on a trouvé où on devait caser cet enfant ». L’enfant change chez nous : en niveau éducatif, en comportement, en discipline. Par moment nous nous demandons si ce n’est pas un centre de rééducation. On essaie de prendre des enfants d’horizons diverses et on essaie de faire d’eux des hommes complets.

 

La scolarité est abordable. Nous pratiquons les frais les plus réduits dans la zone si vous faites un petit sondage, pour les classes de 6ème, 5ème, 4ème et 3ème . On a évité de raquetter les parents pour les frais de TD comme ça se passe partout ailleurs. On a une petite rallonge de 5000 FCFA de la scolarité. Dans les classes d’examens, on prend les élèves à partir de janvier jusqu’à l’examen.

 

Nous faisons des Travaux Dirigés pendant les congés sans demander les frais aux parents. Nous commençons à faire les examens blancs à partir du premier trimestre. Les enfants travaillent sur des prototypes de sujets examens. C’est vrai qu’on ne couvre pas tout le programme dans ce cas, mais on reste caler sur l’esprit des compositions trimestrielles de l’époque qui a fait ses preuves. C’est une période à laquelle toutes les classes font une certaine évaluation bloquée, dans les conditions d’examens et nous comptons cela pour la 3ème séquence.

 

Dans les classes d’examens ces évaluations tiennent lieu d’examen blanc. Au deuxième trimestre, après les congés de Pâques, on leur fait faire, après une série de TD, le deuxième examen blanc. A ce stade de l’année 2014 on a déjà fait 70 voir 80% du programme à la fin du mois de mars. En principe en avril on a terminé. On leur fait à ce moment des épreuves types examens pour tous les sujets, dans le mois d’avril au cours de la deuxième semaine.

 

Une autre particularité, dès qu’on finit les examens on publie immédiatement les résultats. On a un programme informatique qui nous permet de calculer immédiatement les moyennes des élèves. Cette rapidité leur permet de savoir leur niveau et de se remettre au travail.

 

Jules Ferry

 

 

La quatrième séquence 2014 est en cours. Pour les classes intermédiaires qui ont généralement des heures libres, nous avons un système d’évaluation pour ces heures là. Les enseignants composent et déposent les sujets et nous faisons passer les épreuves pendant les heures libres. Les heures qui prennent 4 heures comme celle de Littérature, Philosophie et de SVT dans les classes de Terminales on les passent les samedis. Ceci c’est pour éviter d’interrompre les cours et les progressions pour faire des évaluations.

On préfère occuper les heures dites libres pour les évaluations de séquences paires. Les évaluations de séquences impaires sont des évaluations bloquées ; c'est-à-dire qu’on prend une série de classes, on congédie une partie de l’établissement, on les place pratiquement un par banc et ils composent dans un système très rigoureux de contrôle. Ceci permet d’avoir leur niveau réel.

 

Cette année, nous avons notre première promotion d’élèves de classes de Terminales, nos premiers bacheliers. Nous avons le Cercle des enseignants des classes d’examens. C’est une assemblée qui regroupe les enseignants d’une classe d’examen précise, avec le professeur principal de chaque classe. A l’issue d’une certaine période elle fait des concertations pour voir les problèmes individuels des élèves, pour pouvoir diagnostiquer et trouver des solutions de remédiassions. Nous nous sommes fixés pour objectif pour notre première promotion, au moins 90% de réussite en Terminale.

 

A partir de là nous saurons si nous sommes sur une bonne lancée et pouvoir projeter l’année prochaine. La politique générale, notre secret c’est le suivi plus ou moins individuel des apprenants, quand c’est nécessaire avec l’aide des parents, pour les cas des enfants mal organisés, qui sont distraits, où qui ne sont pas dans un environnement familial favorable.

 

Aulycee : Qu’entendez-vous par environnement familial favorable ?

 

Emmanuel Ngapouche: Un enfant qui vient régulièrement en retard, pour nous ce comportement traduit un problème. Nos enfants vivent pour la plupart, dans un périmètre de moins de 50 mètres autour de l’école. Il n’y a pas de raison qu’il vienne en retard. Cette situation veut dire que soit le matin le parent ne veille pas à l’emploi du temps de l’enfant, soit ils occupent beaucoup l’enfant le matin. De manière individuelle, on cause avec les parents pour pouvoir trouver le problème.

 

On a un problème ici, qui est général et décrié je crois dans la majorité des établissements scolaires, c’est celui des manuels scolaires. Quand vous convoquez les parents, ils vous disent « on se bat pour la scolarité ». Face à cette situation embarrassante, nous avons eu la chance d’entrée en partenariat avec une cabine de bureautique où les enfants peuvent faire des photocopies à 15 FCFA la page.

 

Nous avons exhorté les parents à donner de l’argent au moins pour les photocopies, s’ils ne peuvent pas acheter le livre. C’est difficile de faire un cours d’Anglais, d’Allemand ou d’Espagnol par exemple quand les enfants n’ont pas de livres. Pour la lecture, chacun devrait avoir son livre devant soit. Quand il n’y a pas de livres, ils se mettent à deux ou trois pour un livre et c’est difficile à gérer pour l’enseignant. Celui-ci est obligé par moment de recopier tout le texte au tableau pour engager la lecture, ça le met en retard dans la progression.

 

Nous avons sur place une bibliothèque qui a déjà tous les manuels au programme dans toutes les classes et des livres supplémentaires. Mais nos enfants n’ont pas la culture de la lecture, ils ne consultent pas. On a une salle informatique malheureusement qui n’a pas de connexion Internet. En 5 ans, nous avons déjà reçu deux visites des malfrats qui nous ont raflés la première année tous nos ordinateurs, on en a acheté encore une dizaine.

 

C’est une matière particulière dans l’enseignement général : on doit faire des cours théoriques et des cours pratiques de la 6ème en Tle. Cette année, avec la note ministérielle qui confirme les évaluations en informatique à partir du Probatoire, nous avons mis le paquet pour que nos élèves soient prêts.

 

Aulycee : Quelles sont vos actions pour promouvoir l’excellence ?

 

Emmanuel Ngapouche: Chaque fin de trimestre, la remise des bulletins se fait de manière solennelle. Tous les élèves qui ont une moyenne supérieure ou égale à 10 sont primés. Nous délivrons des tableaux d’honneurs aux enfants pour les stimulés et les pousser à se mettre au travail.

 

En fin d’année, il y a une remise annuelle solennelle. Les parents nous donnent un coup de main dans le cadre d’Association des Parents d’Elèves. Généralement il s’agit des livres, des cahiers et d’autres objets offerts par des sponsors. Il peut s’agir, sans publicité, des magazines Planètes Jeunes, des maisons d’éditions qui nous envoient des manuels, des livres de culture pour primer les meilleurs.

 

Aulycee : Organisez-vous souvent des conférences et des journées portes ouvertes ?

 

Emmanuel Ngapouche: Nous avons mis en place des conférences notamment pendant la Journée de la Philosophie, pendant la semaine de la Jeunesse et la Journée du Bilinguisme qui ont coïncidé en février. Les débats tournent autour des thèmes nationaux. Notre établissement est dans une zone urbaine-rurale. Nsimbock est à Yaoundé mais c’est presque comme un village.

Quand nous organisons des journées portes ouvertes, une fois on a essayé, les parents ne sont pas très motivés. Ils ne viennent pas et ce manque d’engouement ralentit notre élan. Mais cette année nous comptons relancer une journée porte ouverte : on va les appeler, et on va continuer à leur présenter les projets du collège.

 

Aulycee : Participez-vous à des conférences sur le plan national et International ?

 

Emmanuel Ngapouche: J’ai fait inscrire l’établissement dans un projet du plus beau campus de la ville de Yaoundé. C’est un projet organisé par la Communauté Urbaine et le Ministère de l’Environnement. En principe ils ont recensés une centaine d’établissement qu’ils vont visiter. L’établissement le plus propre sera primé. Les descentes sur le terrain devraient se faire de manière inopinée.

 

Aulycee : Quels sont vos partenariats avec les autres collèges et lycées ?

 

Emmanuel Ngapouche: On est un jeune établissement. Notre partenariat se fait avec les établissements sources c'est-à-dire les écoles primaires qui nous envoient généralement les élèves des classes de CM2. Nous faisons des descentes sur le terrain, pour organiser des concours d’entrée en 6ème dans les écoles primaires avoisinantes.A partir de là les enfants peuvent composer et ceux qui sont admis à ce concours peut s’inscrire chez nous. Avec les autres établissements secondaires, le partenariat n’est pas encore solide, vous savez c’est un domaine concurrentiel. On n’a pas été approchés par les anciens, et on n’est pas encore allé vers eux.

 

Ce concours d’entrée en 6ème chez nous est gratuit et accessible à tous. La première année on demandait de payer 1000 F CFA par élève mais on n’avait pas de participation. Une fois qu’on a recensé l’effectif dans une école primaire, on prépare les sujets, et en accord avec les responsables des écoles, on fixe une date et nous venons faire notre concours sur place. C’est une négociation en marge du concours national d’entrée en 6ème dans les lycées. L’élève qui obtient les deux concours a le choix. Généralement nous fixons une date en fonction du concours national et du CEP.

 

Aulycee : Que pensez-vous de la gratuité de l’éducation dans les établissements publics ?

 

Emmanuel Ngapouche: Des enfants réussissent au concours national et au concours d’entrée en 6ème , mais certains parents préfèrent les envoyer chez nous. Avec une scolarité qui varie entre 50 et 65 000 FCFA, ils nous choisissent pour les raisons multiples : la distance entre le collège et le domicile, le suivi individuel. Au lycée c’est peut être gratuit mais les effectifs sont pléthoriques et le suivi est difficile. Derrière chaque élève du lycée, il y a un répétiteur.

 

Les gens font semblant de croire que le lycée coute moins cher. Au départ de l’inscription en 6ème dans un lycée, le parent paye une trentaine de mille. Chaque mois il paye 10 000 FCFA pour le répétiteur en Mathématiques par exemple, en 5 mois ça fait 50 000 FCFA. En 9 mois ça fait 90 000 FCFA, en ajoutant les 30 000 FCFA de départ cela fait 120 000 FCFA. Il faut noter que celui qui fait Mathématiques ne va pas faire Anglais. Au final le parent se retrouve avec un enfant qui a au moins deux répétiteurs.

 

Dans les établissements privés, la majorité des parents payent les frais de scolarité et n’ont plus d’argent pour un répétiteur. A mon avis c’est très mal penser de gérer public et privé et terme de moyens financiers. L’établissement privé a un cout c’est vrai, mais c’est le moins cher qui coute cher comme on l’habitude de dire. Un enfant qui travaille dans une classe de 80 ne peut pas évoluer aussi rapidement que celui qui se trouve dans une classe de 20.

 

Le temps qu’on prend pour dire « taisez-vous »,pour mettre de l’ordre, ou pour sortir d’une blague lancée, est réduit dans une classe de 20. Les cours de nos jours sont de plus en interactifs ce qui veut dire qu’il faut détendre l’atmosphère. Quand on le fait avec 80 élèves ça fait un brouhaha terrible, alors qu’avec 10 à 20 élèves, on arrive à sortir rapidement de là.

 

On remarque ainsi que les professeurs de lycée sont plus à l’aise quand ils viennent enseigner dans la privé. C’est pourquoi ils sont plus assidus dans les collèges privés que dans les lycées. Avec les élèves des lycées ils préfèrent faire des répétitions. C’est une particularité que les parents ne cernent pas vite.

 

On constate par exemple des professeurs de lycée qui inscrivent leurs enfants dans les établissements privés. Cela veut dire qu’ils enseignent au lycée, mais ils savent pertinemment que l’enfant y sera moins loti que dans un collège privé. Des inspecteurs pédagogiques qui ont la possibilité de mettre leurs enfants dans les lycées, les envoient dans les collèges privés, parce qu’ils font des tournées et se rendent compte de la qualité des enseignements.

 

Il y a aussi la hiérarchie qui joue un rôle. Les enseignants du lycée sont employés par l’Etat, la Fonction Publique, et ils s’en foutent, ils savent que leurs salaires va passer. Un enseignant du privé est payé par le fondateur, c'est-à-dire qu’il est rémunéré à l’heure. Donc l’un peut fuir ses cours dans le public pour venir dispenser dans le privé. Son salaire passera toujours parce que la procédure disciplinaire dans le Fonction Publique est longue. Pour cet enseignant l’obligation de résultats se trouve dans le privé.Le parent préfère payer 60 000 FCFA au privé que de payer 100 000 FCFA de répétitions chaque année.

 

Jules Ferry

 

 

Aulycee : L’école est-elle réellement gratuite au Cameroun ?

 

Emmanuel Ngapouche: Je préfère ne pas juger cette décision. Je sais,en tant que parent, que l’école n’est pas du tout gratuite. Je vous parlais des cours de répétitions dans lesquels excellent les élèves des lycées. Je vais vous parler des frais d’examens officiels. Si on veut parler de gratuité, on paye entre 4000 FCFA et 10 000 FCFA selon l’examen, pourquoi le gouvernement ne diminuerait-il pas ces frais ? Pourquoi ne pas parler de suppression de ces frais ? Ce serait déjà beaucoup. Dans ce cas l’Etat subventionnerait les corrections.

 

Pour moi c’est là une gratuité qui est claire et qui peut être visible par tous. Mais on parle de gratuité alors qu’on vous greffe les frais ; l’inscription coute 5000 FCFA, l’APE 15 000 FCFA, l’informatique 5000 FCFA ou 6000 FCFA, bref vous tournez toujours autour de 30 000 FCFA. Dans la section anglophone, et les lycées techniques les frais connexes sont encore plus graves

 

Quand il fallait s’inscrire sur les listes électorales, le Chef de l’Etat a décidé de la gratuité des cartes d’identités. Pourquoi ne pas mettre la gratuité dans les frais d’examens. L’élève compose son dossier normalement et il va passer son examen, sans frais en plus. Pour certains, 3000 FCFA de frais en 3ème ne signifient rien mais pour la majorité des parents, cela peut acheter un livre de maths. En terminale, c’est 10 000 si on ajoute les frais de timbres on est à 12 000 FCFA.

 

Il faudrait que l’école gratuite s’applique à tous les enfants du public et du privé parce qu’ils passent le même examen. C’est un secteur de gratuité qui touche tout le monde et qui pourrait mettre tout le monde à l’aise.

Quand le Chef de l’Etat décide de la gratuité des cartes d’identités, il est sur que ça touche tous les Camerounais que vous soyez fonctionnaire ou pas. Pour signer la copie d’acte dans les dossiers à déposer à la CNPS on ne met pas de timbres. Pourquoi ne pas étendre cette gratuité à l’enseignement secondaire. Dans la réalité, on a des parents qui se débrouillent pour payer la scolarité mais qui n’arrivent pas à payer les frais d’examens. Il faut commencer à aider les populations à la base.

 

Aulycee : Quels sont vos projets innovants ?

 

Emmanuel Ngapouche: Cette année nous aurons nos premiers élèves de Terminale. Nous avons le Cercle des enseignants des classes des examens qui se concertent, pour pourvoir diagnostiquer les problèmes des élèves sur chaque matière. Nous nous attelons pour avoir 100% de réussite. Pour cette année nous pensons relancer notre journée porte ouverte entre le 20 et le 21 mars 2014. Avec une conférence , une exposition, la présentation de l’établissement pour 2014- 2015.

 

C’est à partir de l’année prochaine qu’on parlera de partenariats avec les universités. Nous ne sommes pas encore connus, puisque généralement ces institutions descendent sur le terrain, mais je n’ai pas encore reçu de visite des grandes écoles.

 

Cette visibilité que vous nous offrez est déjà un pas pour mieux faire notre promotion. A la rentrée, en général nous passons des spots aux radios, nous affichons des banderoles, nos plaques sont un peu partout et indiquent l’établissement. Dès que vous avez passez une banderole, la communauté urbaine vous demande de payer.

 

Nous n’avons pas assez de moyens pour assurer une publicité complète, du coup on reste un peu fermé. S’il faut tout payer, ces frais risquent d’être imputés à l’enfant sur les frais de scolarité. C’est un dilemme car on ne peut pas tourner sans publicité. Même les plus grandes firmes célèbres comme Coca Cola continuent d’investir dans la publicité. Pour le moment on fait avec les moyens qu’on a ici.

 

Aulycee : quels sont vos actions pour promouvoir les activités des clubs ?

 

Emmanuel Ngapouche: Nous avons 10 clubs dans notre collège : scientifique, UNESCO, les Amis de la Nature, Langues etc. Il existe une coopérative scolaire qui travaille avec le responsable des APPS dans le cadre des activités post et périscolaires pour la promotion des clubs. Compte tenu de l’effectif de l’établissement, vous allez avoir 2 ou 3 membres dans certains clubs. Nous sommes encore dans un contexte urbain mais rural, c’est un village qui est collé à une ville. On essaie de susciter les talents des artistes pour les pousser à entrer dans les clubs.

 

Aulycee : quels sont vos pourcentages de réussite aux examens officiels pour 2013 ?

 

Examens

Année

Pourcentage %

Probatoire A4 All

2013

71,14%

Probatoire A4 Esp

2013

62, 50%

Probatoire D

2013

50%

BEPC

2013

80%

 

Le probatoire a été l’un des meilleurs scores dans la zone, 61 % par rapport à la moyenne nationale de 20%. Ce qui nous a fait une très grande publicité. Les classes de premières sont les plus pleines, on a reçu beaucoup d’élèves à la suite des résultats 2013.

 

Aulycee : pensez-vous que votre ratio élèves enseignants reste à votre avantage ?

 

Non, il n’est pas à notre avantage. On a un effectif très réduit. Nous sommes environ 160 élèves pour environ 32 enseignants. Les charges sont lourdes.

 

Aulycee : Quelle vision avez-vous du projet Aulycee.net ?

 

Je dirai que j’ai eu une surprise agréable pour l’intérêt que vous avez porté à notre projet. C’est suffisamment flatteur que vous soyez abordés par une jeune structure qui a un portail numérique pour permettre que nous soyons connus. Malheureusement combien de personne consulte sur Internet ? C’est un problème, car on est dans une mouvance des TIC, mais on n’exploite pas assez les TIC.

 

Nous souhaitons une suite à notre partenariat afin que plus tard vous nous aidiez autant que faire ce peut, à obtenir une connexion Internet, pour nous permettre de visualiser ce que vous faites, pour permettre à nos enfants de s’ouvrir à la bibliothèque virtuelle et à l’Internet. C’est un vœu, car nous n’avons pas les moyens pour nous payer les frais chez un fournisseur d’accès, d’autant plus que ce type de projet ne fait pas rentrer de l’argent du moins pas sur le court terme.

 

Notre salle informatique n’est pas connectée à Internet, les machines sont en réseau interne. Nous restons dans le noir, car nous n’avons pas une vitrine numérique et ce n’est pas bon dans le monde d’aujourd’hui. Sinon on se bat en interne. Notre plus grande marge de publicité c’est les résultats aux examens.

 

C’est le jour des résultats, que tous nos enfants à travers le monde entier, suivent leurs notes. Là les gens commencent à comprendre que dans le quartier Nsimbock, on a un établissement qui fait du bon travail. Notre force ce sont nos résultats en fin d’année, et on peut avoir une garantie de la croissance des effectifs surtout dans les classes d’examens.

 

Propos recueillis par Amelie Laure Kemouo

 

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