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Collège B Olive: tout le monde a droit à l’éducation

 

L’établissement offre un accès facile et ouvre ses portes aux élèves dont les autres ne veulent plus. Il est situé au quartier Maison Blanche après le carrefour TKC, et selon le principal, Dominique Bakilimek, il règne une concurrence presque déloyale dans la zone de Yaoundé VI.

 

Aulycee : Parlez-nous en bref de votre établissement. 

     

 

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Dominique Bakilimek : je suis principal du collège B Olive depuis 2009. C’est un collège d’enseignement général avec un premier et un second cycle. Il tourne pratiquement à 350 élèves. Les effectifs et le niveau de performance du collège sont stables. Je parle des résultats aux examens et particulièrement aux examens officiels, qui sont appréciables et croissants.

 

 

Nos efforts ne sont pas compensés par les effectifs, c'est-à-dire qu’au vue de notre travail on aurait pu avoir au moins 1000 élèves. Mais j’ai l’impression que la carte scolaire n’est pas respectée, parce que tout autour de nous, les établissements naissent et la population scolaire est partagée, voir discutée. Dans la zone de Mendong à moins d’un kilomètre, un établissement nait. C’est un problème général que nous rencontrons, mais dans notre collège, la discipline et la sécurité sont assurés. Nous vivons en harmonie et ça se passe bien.

 

Aulycee : Parlez-nous de cette carte scolaire.

 

Dominique Bakilimek : Je veux parler de la répartition officielle. On ne construit pas les établissements n’importe comment. Il y a une distance de 8 km qui doit être respectée entre un établissement qui nait et un autre qui veut s’implanter. Tout autour de nous, ce n’est pas le cas, nous avons 2 km au maximum d'écart. Donc la carte scolaire n’est pas respectée et pour moi c’est une concurrence déloyale.

 

Aulycee : Au départ de la création qu’elle était votre vision et l’idée de votre projet éducatif ?

 

Dominique Bakilimek : Dans un premier temps aider la population scolaire notamment les enfants qui n’arrivaient pas à trouver un établissement scolaire. On a eu une période à laquelle il existait très peu de lycée et les établissements publics étaient vraiment saturés. Les élèves abondaient et cherchaient un cadre éducatif. Le fondateur fait dans le social et il n’était pas à sa première société.

 

Dans un second temps, on avait constaté le chômage des diplômés de l’enseignement supérieur qui battait son plein. La création de ce collège devait contribuer à résoudre ce problème de chômage. Depuis 2009, nous sommes à 100 emplois crées, certains partent, actuellement nous fonctionnons avec presque 30 professeurs.

 

Parfois ce sont des diplômés de l’Ecole Normale Supérieur, en cours d’intégration, des diplômés d’autres grandes écoles, quand ils trainent encore en attendant leurs affectations, nous les recrutons ici. Dans ce domaine, le collège joue un très grand rôle, dans la lutte contre la pauvreté chez nos jeunes intellectuels. Nous les aidons à s’épanouir.

 

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Aulycee : Quels sont les grands axes qui découlent de ce projet éducatif ?

 

Dominique Bakilimek : L’enseignement est général avec un premier et un second cycle. Nous avons globalement toutes les matières liées à ce modèle : le Français, les Mathématiques, les Physiques Chimie, Histoire Géographie, Education à la Citoyenneté et à la Morale, Allemand, Espagnol, Anglais etc. Nous ne négligeons pas le Travail Manuel, puis nous donnons une très grande importance à l’Education Physique et Sportive, qui est obligatoire dans les examens officiels.

Cette discipline coefficient 1 au départ est passé au coefficient 2 donc c’est noté sur 40. Cela veut dire qu’on a décidé de donner beaucoup d’importance à cet ordre d’enseignement. Ce coefficient n’est pas petit pour un élève qui prépare le BEPC, le Probatoire ou le Bac. C’est une formation intégrale de l’homme. On constate que c’est un domaine privilégié dans l’armée, et celui qui est sportif peut très bien s’en sortir plus tard, il ne faut rien négliger. Dans ce collège toutes les matières se valent.

 

Aulycee : Qu’est ce qui fait qu’un parent vous préfère à un autre établissement ?

 

Dominique Bakilimek : La position géographique et la localisation. L’accès est très facile. Le sérieux et la discipline. L’école c’est la clôture et la notre est régulièrement fermée. Quand on se réfère à l’histoire et qu’on a de bons résultats, car aujourd’hui on ne doute pas des performances du collège B Olive depuis son ouverture. Il y a une très grande stabilité dans l’administration. Nos élèves viennent de tous les coins de la ville.

 

Nous sommes situés dans le quartier Maison Blanche, qui est résidentiel et habité par des personnalités, mais d’après nos statistiques, nos élèves ne viennent vraiment pas de ce quartier. Nos enfants se déplacent plus de la périphérie et du centre urbain. La scolarité est la même un peu partout c'est-à-dire que nous tournons autour de 100 000 FCFA de la 6ème en Tle. Nous ne faisons pas du commerce, mais il faut pouvoir payer les enseignants.

 

Aulycee : Quelles sont vos innovations cette année ?

 

Dominique Bakilimek : Dans la manière de faire les choses rien n’a changé. Ce qu’il y a eu de nouveau en 2013- 2014 c’est la reprise des Activités Post et Périscolaires (APPS). Dans la vision de donner une formation intégrale de l’homme, nous encourageons le divertissement, les jeux. Nous avons crée notre terrain de basket. Nous avons développés beaucoup de club : Unesco, Coca Cola, Santé, et on entend faire plus dans l’avenir. Toutes les activités visent l’épanouissement de l’enfant. Nous envisageons créer des terrains aussi de volley et de handball.

 

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Aulycee : Quelles sont vos actions pour promouvoir l’excellence ?

 

Dominique Bakilimek : A la fin des séquences, nous primons les meilleurs élèves. A la fin de chaque trimestre pour les élèves des classes d’examens nous organisons des examens blancs calqués sur le modèle des examens officiels. Les résultats sont publiés solennellement avec toutes les notes dans les différentes matières.

Cela crée une émulation et les autres élèves se mettent au travail. Les primes sont en espèce et plus en nature : tenues de classe pour le prix de propreté, une machette pour le prix Travail Manuel, prix de Français on donne un livre ainsi de suite. Le but c’est d’encourager ceux qui travaillent bien dans un domaine à continuer sur la même lancée.

Aulycee: Quel est le niveau de votre salle informatique ?

 

Dominique Bakilimek:

Elle est en création. C’est un projet qui verra le jour à la rentrée prochaine. On a des ordinateurs, mais le professeur d’informatique se balade dans les salles de classe avec son ordinateur et ce n’est pas indiqué. Nous aimerions avoir une salle connectée et équipée et dédiée à ces cours.

 

Aulycee : Avez-vous des infrastructures particulières dont vous souhaitez parler ?

 

Dominique Bakilimek :

Depuis 2009, nous sommes propriétaires de nos infrastructures. Nous avons un projet d’extension, pour accroître des ordres d’enseignements. Le collège pourra devenir bilingue par exemple. Depuis l’ouverture on n’a pas augmenté de salles de classe, du coup les effectifs orientent nos investissements. Nous sommes prêts, des espaces sont prévus, mais l’extension doit répondre à un besoin précis. S’il y a augmentation des effectifs, les structures suivront certainement.


L’Anglais est déjà enseigné dans le collège. On ne peut parler de bilinguisme que s’il y avait une section anglophone et une section francophone. Il faut que les deux langues cohabitent vraiment. Notre ambition est de créer une section bilingue avec leur département à part. La bibliothèque est également en construction au niveau du bâtiment en chantier.

 

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Le surveillant général met de l'ordre dans une salle de classe

 

Aulycee : Quelles sont les journées portes de votre collège ?

 

Dominique Bakilimek :

Le collège est un peu jeune et il n’est pas encore de grande taille. Nous n’avons pas encore envisagé d’organiser une journée porte ouverte.

 

Aulycee : Quelles sont vos relations avec les autres établissements ?

 

Dominique Bakilimek :

Les rapports avec les autres collèges et lycées se limitent dans les activités culturelles. Ils organisent des jeux, des kermesses, des matchs de football et nous invitent. Il n’y a pas de collaboration dans le cadre des enseignements. On n’a jamais été sollicité et nous n’avons jamais invité les autres. Chacun fonctionne de manière autonome, il n’y a pas d’échanges entre les établissements voisins. Je me demande d’ailleurs de quelle manière. C’est le collège Vogt qui aime souvent organiser des olympiades et inviter les autres. Mais entre les établissements ici, je n’ai pas encore été contacté pour ça.

Par contre des étudiants de la Faculté de Lettres de l'Université de Yaoundé I sont venus cette année pour tester le niveau des élèves de Terminale, en Philosophie. Ils organisent des dissertations sur place dans le but de les pousser à travailler.

 

Aulycee : Sur le plan national et international avez-vous participé à des évènements ?

 

Dominique Bakilimek :

Au plan national, le collège a été visité par le doyen d’une Université canadienne il y a deux ans. Il nous a parlé du bien fondé des études au Canada et des moyens pour y accéder, sur fonds propres ou à travers des bourses d’études. Nous avons constaté que l’accès aux études dans ce pays n’est pas abordable pour un parent qui veut y envoyer lui-même son enfant.

 Aulycee : quels sont les pourcentages de réussite aux examens officiels ?

 

Dominique Bakilimek :

 

BEPC Allemand 80, 81%

BEPC Anglais renforcé 100%

BEPC Arabe 100%

BEPC Espagnol 92, 18%

Probatoire Allemand 46, 66%

Probatoire Espagnol 40%

Probatoire C 57%

Probatoire D 51, 41%

Baccalauréat Allemand 80%

Baccalauréat Espagnol 82, 57%

Baccalauréat C 77, 77%

Baccalauréat D 86, 86%

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De manière générale nous avons eu des résultants satisfaisants. La sélection à l’entrée dans notre collège n’est pas rigoureuse. Le concours est d’un niveau moyen et nous recrutons aussi sur étude du dossier.

 

C’est un choix de l’établissement, car dans l’idée de départ à la création il était question de trouver un cadre d’éducation à ceux qui trainent le pas à l’école. Les lycées et les collèges étant saturés nous avons pensés pourvoir être utiles à ces personnes. Tout le monde a le droit à l’éducation.

Certains élèves sont vraiment nuls quand ils arrivent ici, mais nous arrivons à étonner leurs parents, qui se demandent si c’est vraiment leurs enfants qui ont réussi. Ils sont étonnés parce que par le passé, ils savaient bien que l’enfant n’était pas si performant.

 

Aulycee : Est-ce donc une lutte contre la déperdition scolaire ?

 

Dominique Bakilimek :

Je l’avoue nous n’avons pas des élèves faciles ici. Certains ont été rejetés et exclus par d’autres collèges ou d’autres lycées et nous les récupérons au collège B Olive. Pour cette raison nos inscriptions sont très tardives. Nous acceptons ceux que les autres ont laissé et n’ont pas pu recruter. Quand nous avons de tels résultats en fin d’année, on s’en réjouit car nous sentons que nous avons formé des citoyens.

Aulycee : Quel est l'impact du ratio élèves enseignants sur vos résultats ?

 

Dominique Bakilimek :

350 élèves pour 30 enseignants, je trouve que ça va. Nous sommes en surnombre et nous comptons même réduire le personnel. On aimerait donner plus de chance aux professeurs vacataires, pour augmenter leurs nombre d’heures de travail et améliorer le rendement. C’est le volet social qui nous amène à recruter plus d’enseignants.

 

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Du côté des élèves, parfois un enfant n’a pas payé sa scolarité et on le laisse venir en cours, car nous sentons que vraiment il n’y a pas d’argent. Il y a des élèves qui n’arrivent pas à payer les frais de dossiers et le collège les finance, car on ne comprend pas comment sur deux élèves inscrits en Terminale l’un ne va pas composer par manque d’argent des dossiers.

 

Le fondateur est un humaniste c’est tout, et le volet social a pris le dessus. Vous avez un enseignant qui veut seulement 5 h par semaine, pour sortir de la maison. Quand son mois est complet ça fait 20h ; même si c’est 1000 FCFA l’heure, ça lui fait à peine 20 000 FCFA par mois, pour vivre dans une ville comme Yaoundé.

 

En réduisant les effectifs on peut arriver à offrir un salaire plus conséquent, mais au niveau de la qualité des enseignements c’est intéressant, puisque l’enseignant n’a que quelques heures de cours par semaine. En effet à terme, c’est un dispositif qui pèse au niveau de la gestion administrative, car il est mieux de gérer 5 personnes que de gérer 100.

 

Propos recueillis par Amelie Laure Kemouo

 

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