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Législation

 

Un cours de droit spécifique à la filière technique. Interview de Françoise Edo’o, enseignante et juriste de formation au Collège Sigmund Freud.

               

Françoise Edo’o : Je vous remercie d’avoir choisi d’être là aujourd’hui pour acquérir des informations et des connaissances par rapport à notre métier. Au niveau de l’enseignement supérieur, j’ai fait droit privé à l’Université de Yaoundé II Soa.

 

 COSIF

 

Aulycee : Est-ce votre parcours qui vous a conduit à l’enseignement ?

Françoise Edo’o : Tout à fait. J’avais voulu travailler dans les métiers d’avocat ou d’huissier, mais je n’ai pas eu des opportunités à temps pour le faire. Je me plais dans l’enseignement, puisque j’enseigne la Législation, et c’est le droit en réalité. C’est une vocation, car tout ce que je fais aujourd’hui entre dans ce que j’ai appris en formation.

 

Aulycee : En quoi consistent les cours de droit au collège Sigmund Freud ?

Françoise Edo’o : J’enseigne Législation et cela comprend des cours de droit en fait. Dans l’Enseignement Technique, la Première année dans le secondaire commence avec ces cours. Dans l’Enseignement Général, il faut attendre la première année de l’université pour avoir ces cours de droit. Les techniciens ont cette opportunité que les généralistes n’ont pas. Ils ont cet avantage, car ce sont des professionnels. Ils entrent directement en contact avec le monde du travail et très tôt. Donc il important pour eux de comprendre le Droit du Travail.

 

Aulycee : Quelle est votre approche d’enseignement ?

Françoise Edo’o : Mon approche est très simple. Je n’ai pas de difficultés pour accrocher mes élèves, car les connaissances sont déjà là. Il faut acquérir une méthode pour les aider à vite captiver les contenus du cours. Ce qui fait que même si l’enfant n’a pas encore révisé son cours il a déjà des connaissances dans la tête.

 

Aulycee : Quelle est votre vision de l’enseignement du droit dans les filières techniques ?

Françoise Edo’o : Ma vision du droit au niveau de l’enseignement technique c’est que c’est très important et très nécessaire pour ceux là qui sont dans la technique. Ils ont besoin de savoir quels sont leurs droits et à quoi ils peuvent s’attendre dans le monde de l’emploi lorsqu’ils sont face à leurs métiers. Toute personne est sensé connaitre le droit comme on le dit souvent. Du moment où ils sont des professionnels opérationnels sur le terrain, ils sont sensé connaitre leurs droits et devoirs.

 

Aulycee : Quel est la perception des élèves de l’enseignement du droit ?

Françoise Edo’o : Les élèves sont beaucoup enthousiastes parce qu’ils sont conscients d’avoir un plus par rapport à leurs camarades de l’enseignement général. Ils sont perceptifs car les cours sont très pratiques : ils entrent dans le monde de l’apprentissage, de l’emploi et de l’employé. J’enseigne de la Première à la 4ème année.

 

Pour une filière professionnelle technique, on ne peut pas outrepasser ces cours. Il faut absolument les avoir. Ici nous avons l’Industrie Habillement, l’Economie Domestique, l’Electricité, la Maçonnerie. Les cours ne sont pas en tronc commun mais adaptés à chaque filière. A chaque classe, chaque niveau son cours.

 

Le Droit du Travail est général mais il est plus spécifique par rapport aux techniciens. Le maçon a un monde du travail différent de celui qui fait restauration, ou électricité. Par exemple pour celles qui font couture, l’accent est mis sur l’apprenti, l’exercice du métier, et la méthode d’apprentissage. Pour les maçons, on insiste sur les relations directes entre le maître et son apprenti.

 

Dès la première année ils commencent tous par le droit commun : la définition du droit du travail, l’introduction au cours de législation. A partir de la 2ème année on poursuit avec une différenciation selon les métiers. Les aspects du droit sur la création d’entreprise sont abordés à partir de la classe de seconde.

 

Aulycee : Quels sont vos projets professionnels ?        

Françoise Edo’o : Mon projet c’est de pourvoir dispenser ces cours au niveau supérieur. Je compte me réinscrire à la fac pour poursuivre dans le domaine du droit orienté dans le monde professionnel, je pense notamment au Business Law.

 

Aulycee : Comment voyez vous l’avenir professionnel de vos élèves ?

Françoise Edo’o : L’avenir professionnel de mes élèves dépend de leurs attentes et de leur vouloir dans l’avenir. Le tout est d’acquérir les connaissances et de se focaliser sur ce qu’ils veulent vraiment entreprendre.

 

En termes de débouchés dans le domaine du droit je ne pense pas, car ils sont déjà spécialisés dans des domaines purement techniques. Ici nous voulons leur donner un savoir pour pouvoir mieux aborder leur métier, être avertis et connaitre les rouages, pour mieux s’intégrer et avancer dans une profession. Ils peuvent poursuivre leurs études professionnelles dans écoles supérieures, mais pas dans le sens du droit.

Nous avons des cours pratiques en salle et sur le terrain en entreprise. Une fois nous sommes arrivés à HYSACAM où nous avons abordés la question du droit avec les employés et l’employeur, on a discuté avec les élèves d’Electricité, des conditions de travail, de leurs droits et devoirs, et de leurs salaires.

 

Les élèves sont très enthousiastes lors de ces sorties, car ils sortent de la théorie et découvre la pratique. C’est à leur demande constamment que nous effectuons ces visites, qui elles se font en un jour.

 

Propos recueillis par Amelie Laure Kemouo

 

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